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Archive for novembre 2009

Décès du maréchal Philippe Leclerc de Hautecloque (1947)

Issu d’une famille de la noblesse picarde, Philippe Leclerc de Hauteclocque embrasse la carrière des armes en 1922. Il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion Metz et Strasbourg), dont il sort deux ans plus tard en tant que major de la cavalerie. Il entre alors à l’École d’application de la cavalerie de Saumur, dont il sort en 1925, là encore, en étant major. De 1926 à 1939, il occupe des postes d’instructeur ou d’état-major avec un séjour de trois ans au Maroc. Il devient instructeur à l’École de Saint-Cyr en 1931. Lors d’un exercice à cheval, sa jambe se casse sous sa monture ce qui lui valut d’utiliser une canne tout le reste de sa vie. Au cours d’un second séjour au Maroc, il est promu capitaine en 1934, et obtient la Légion d’honneur. En 1938, il réussit le concours d’entrée à l’École de Guerre, dont il sort major en 1939.

En mai 1940, Philippe de Hautecloque est capitaine d’état-major à la 4ème division d’infanterie, en poste sur le front belge et dans la Poche de Lille. Lors de l’attaque allemande, il est fait prisonnier, mais parvient à s’échapper et à rejoindre les lignes alliées, où il reprend le combat. Le 15 juin, il participe à une contre-offensive dans la plaine de Champagne au cours de laquelle il est blessé à la tête. Il parvient à s’évader le 17 et prend le parti de poursuivre la lutte. Il traverse la France à bicyclette malgré l’occupation allemande et rejoint sa femme et leurs six enfants sur les routes de l’exode près de Libourne en Gironde. Après les avoir mis au courant de sa volonté de se battre, il essaie de franchir les Pyrénées à Bayonne, sans y parvenir. Il y arrive finalement près de Perpignan. Il est brièvement arrêté en Espagne, puis arrive jusqu’au Portugal d’où il rejoint Londres par bateau.

Il se présente au général de Gaulle le 25 juillet. Afin d’éviter que des représailles ne soient dirigées contre sa famille, il prend le pseudonyme de François Leclerc, le patronyme étant très fréquent en Picardie. Le général de Gaulle, reconnaissant en lui un chef exceptionnel, le promeut de capitaine à chef d’escadrons dès leur première rencontre et lui donne pour mission de rallier l’AEF à la France libre. Le 6 août 1940, il quitte l’Angleterre pour le Cameroun avec René Pleven, André Parant et Claude Hettier de Boislambert. Vingt jours plus tard, il débarque de nuit en pirogue à Douala avec 22 hommes. Il fait la connaissance du commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy à la tête d’un détachement du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Il parvient à convaincre les autorités fidèles à Vichy de s’effacer et rallie le Cameroun, le Tchad et le Congo à la cause de la France libre sous l’égide de Félix Éboué et de Larminat. Leclerc est alors nommé Commissaire général du Cameroun et le 28 août, c’est toute l’AEF, à l’exception du Gabon qui s’est ralliée au Général de Gaulle. Celui-ci, au cours d’une visite à Douala le 8 octobre, donne son accord à Leclerc pour tenter de rallier le pays à sa cause. Avec l’aide des Forces françaises libres, repliées après l’échec de l’expédition de Dakar (23-25 septembre), Leclerc débarque près de Libreville le 8 novembre et le 10 novembre, le Gabon se joint à la France libre. Leclerc est alors officiellement confirmé au grade de colonel par le général de Gaulle et il est désigné comme commandant militaire du Tchad. La France libre a pour la première fois une assise territoriale et stratégique significative.

À partir de ces bases, sa colonne, qui compte notamment le capitaine Massu, effectue des raids de plusieurs milliers de kilomètres au milieu du désert, avec un équipement peu adapté aux conditions climatiques et au sol sableux et se dirige vers des postes italiens. Ayant pris l’oasis de Koufra, le 28 février 1941 avec un canon et 300 hommes seulement, il fait le serment avec ses soldats de ne pas déposer les armes avant d’avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg. Il poursuit les combats en Libye et participe à la prise de Tunis par les Alliés avec la Force L (L pour Leclerc) au tout début de 1943.

L’armée de Leclerc, qui a été nommé général, est équipée de matériel américain et profite de quelques mois de répit pour étoffer ses rangs, incorporant notamment d’anciens soldats de l’Armée d’Afrique, vichyste. Envoyée en Normandie, sa 2ème division blindée débarque le 1er août 1944 dans la Manche sur la plage de Saint Martin de Varreville, et va établir son premier camp à Vesly, où il séjournera 10 jours, le temps de s’organiser avant de faire route sur Argentan et Alençon, tout en ayant au passage prêté main-forte, lors de la fermeture de la poche de Falaise, à Chambois-Mont-Ormel. Faisant partie de la 3e armée du général Patton, la division de Leclerc devient parfois même le fer de lance des attaques américaines. Sa division libère le 12 août Alençon, s’illustre dans la forêt d’Écouves, mais bute le 13 août sur Argentan, qu’elle ne peut investir, gênant en fait les mouvements américains. Leclerc demande alors l’autorisation de quitter le théâtre des opérations en Normandie, pour « ne plus perdre un seul homme ici et libérer la capitale de la France. »

Avec l’accord qu’il a arraché à ses supérieurs, la 2ème DB se rue sur Paris, si bien que le 25 août 1944, le général Leclerc reçoit la reddition du général von Choltitz, gouverneur militaire allemand de Paris, à la gare de Paris-Montparnasse. La capitale a été libérée en deux jours, presque sans combat, dans un mélange de liesse et de coups de feu. Les généraux de Gaulle et Leclerc descendent côte à côte l’avenue des Champs-Élysées alors qu’éclatent encore des accrochages sporadiques. Avant la fin de l’année 1944, le 23 novembre, ses troupes libèrent Strasbourg, occasion d’une prise d’arme pour rappeler que le serment de Koufra a été tenu. Ultimes faits d’armes, ce sont les soldats français de Leclerc qui s’emparent du Kehlsteinhaus, le « nid d’aigle » d’Adolf Hitler à Berchtesgaden en Bavière, quelques jours seulement avant l’armistice du 8 mai 1945.

Le 21 juin, il fait ses adieux avec solennité à sa division, qu’il quitte pour rejoindre le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient en Indochine française occupée par le Japon depuis 1940. Le 2 septembre 1945, c’est Leclerc qui signe, au nom de la France, l’acte de capitulation du Japon à bord du cuirassé USS Missouri, en rade de Tokyo. Il participe également à la reconquête de l’Indochine occupée par le Japon (sans résistance jusqu’au coup de force du 9 mars 1945) à la tête du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. Arrivé en octobre 1945, après la capitulation du Japon et la proclamation de l’indépendance par Hô Chi Minh le 2 septembre 1945, il parvient à rétablir la souveraineté française dans toute la Cochinchine et le Sud-Annam, le 29 janvier 1946 tout en étant lucide sur la nécessité d’une solution politique. Au Tonkin, Hô Chi Minh accueille Leclerc, le 26 mars 1946 à Hanoï, favorablement. En effet, celui-ci était pour la résolution de la crise qui secouait la colonie française par la voie politique.

En 1946, Leclerc est nommé inspecteur général en Afrique du Nord. Le 28 novembre 1947, au cours d’une tournée d’inspection en Afrique du Nord, son avion, un B-25 Mitchell est pris dans une tempête de sable. On suppose que le pilote est descendu à basse altitude pour trouver des repères géographiques, mais l’avion a percuté la voie ferrée, non loin de Colomb-Béchar. Les 12 occupants de l’appareil sont tués sur le coup. La nouvelle de ce décès est un choc pour une France qui se relève difficilement d’une terrible guerre et qui voyait en cet homme le libérateur de Paris et de Strasbourg, celui qui avait lavé l’affront de la défaite de 1940. Après un hommage national à Notre-Dame, la 2e DB escorte son chef vers l’Arc de Triomphe, où la foule vient s’incliner devant le cercueil du général. Il est inhumé dans la crypte des Invalides, puis élevé à la dignité de Maréchal de France, à titre posthume, par décret du 23 août 1952.

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La bataille de Roosebeke (1382)

Louis de Male, comte de Flandre, est en butte à la révolte des tisserands gantois depuis 1379. Forcé de se retrancher à Lille après l’attaque de Bruges menée par Philippe van Artevelde, il doit faire appel à son gendre Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, pour le soutenir. Ce dernier, qui sait devoir hériter du comté à la mort de Louis, convainc facilement le jeune Charles VI, dont il est l’oncle et le tuteur, d’organiser une expédition en Flandre.

En novembre 1382, l’ost français est rassemblé à Arras. Le connétable Olivier de Clisson se voit adjoindre les maréchaux de France Louis de Sancerre et Mouton de Blainville, accompagnés de troupes de Bretons et de Normands. À la fin du mois, l’armée arrive sur les lieux de la rencontre. les Français comptent environ 16 000 hommes. À Gand, Philippe van Artevelde décrète la mobilisation générale et rassemble une troupe de miliciens flamands dont l’effectif est estimé à 40 000 hommes.

La nuit précédant la bataille, chacune des deux armées campe non loin de Roosebeke. Les combattants flamands sont disposés en rangs serrés sur le Mont d’Or, d’une hauteur de 50 mètres. Dans le camp den face, au centre du dispositif français, se trouvent la piétaille et des chevaliers sans leur destrier. Sur les flancs, des troupes légères et des chevaliers à cheval. Charles VI est entouré de la fine fleur de la chevalerie française dont son écuyer Colard de Tanques.

Le matin du combat, une épaisse brume d’automne recouvre le champ de bataille et le camp de chacune des deux armées. Philippe van Artevelde décide de miser sur le difficile environnement climatique. Les troupes flamandes progressent ainsi dans la brume épaisse, se donnant le bras pour ne pas s’égarer dans ce frimas et ne faisant qu’un seul corps. Mais la brume se dissipe brusquement, au moment où Pierre de Villiers, porte-étendard de Charles VI, lève l’oriflamme du royaume de France, étendard rouge semé de flammes d’or. Tandis que L’armée française reste immobile, les Flamands continuent d’avancer face au soleil. L’ordre d’attaque est donné, les canons flamands crachent leurs boulets, 60 archers anglais et des arbalétriers commencent à tirer. Vient alors le tour du combat au corps à corps. L’infanterie française se jette dans la bataille, le cliquetis des épées résonne dans l’épouvantable vacarme produit par les bombardes, les ribaudequins et les cris des combattants. Charles VI est maintenu éloigné de la bataille. La puissante artillerie flamande fait reculer l’avant-garde commandée par Louis de Sancerre et l’armée du souverain français. Le centre de l’armée française est submergé par les troupes flamandes mais les combattants placés sur les flancs fondent sur les Flamands et les encerclent. Les Français exercent alors une forte pression sur leurs adversaires. Cernés de toutes parts, les Flamands tombent et se piétinent.

La victoire appartient à l’armée française, les Flamands subissant une lourde défaite. Pourchassés par les Français, fatigués, éreintés et manquant de lucidité après cette dure bataille, les Flamands qui ne peuvent s’échapper de la mêlée s’égarent dans les roseaux et les marécages où beaucoup périssent noyés. Près de 26 000 cadavres jonchent le champ de bataille, et Philippe van Artevelde, trouvé mort dans un fossé, est pendu à un gibet ou à un arbre. A cette occasion, les Français récupèrent les éperons perdus lors de la bataille de Courtrai et les exposeront à leur retour à Paris dans la basilique Saint-Denis.

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Le passage de la Bérézina (1812)

Cinq mois après le franchissement du Niémen, le 24 juin1812 , la Grande Armée bat en retraite après avoir abandonné Moscou, et se trouve devant une rivière marécageuse du nom de Bérézina. L’hiver est précoce et très rigoureux. Exposée sur son flanc aux coups de l’armée de Wittgenstein, poursuivie par celle de Koutousov, et bloquée par la rivière dont l’armée de Tchitchagov maîtrise le pont de Borisov depuis la veille, la Grande Armée se trouve, le 22 novembre 1812 au matin, dans une situation désespérée.

Le 23, les Russes attendent les Français à Borissov et Napoléon décide d’y organiser une manœuvre de diversion pour permettre le franchissement de la Bérézina 15 km en amont, face au village de Stoudienka, là où le général Corbineau a identifié un passage possible. Le succès de l’opération passe par la très rapide construction de deux ponts à Stoudienka. Travaillant dans l’eau glacée les 26, 27 et 28 novembre, les pontonniers néerlandais du général Eblé réalisent et entretiennent ces deux ouvrages que la Grande Armée franchit le 26, dès 13 heures, malgré l’opposition des trois armées russes.

Dans la nuit, Tchitchagov se rend compte de son erreur mais ne peut intervenir immédiatement. Lui, Wittgenstein et l’avant-garde de Koutousov prennent l’offensive le 28 vers 8 heures du matin. Face à l’armée de Wittgenstein, devant les forces ennemies qui s’accroissent à mesure que le temps passe, le maréchal Victor avec 10 000 hommes, défend toute la journée les hauteurs de Stoudienka, tandis que 800 cavaliers de Fournier se distinguent en chargeant à de multiples reprises la cavalerie et l’infanterie russe. Alors que la traversée s’achève, la nuit interrompt les combats et Victor en profite pour passer à son tour sur la rive droite. Ce même jour, Tchitchagov attaque sur le côté droit. Là, la bataille se déroule dans une forêt de pins et se poursuit toute la journée. Les maréchaux Oudinot et Ney à la tête de 18 000 vétérans, dont 9 000 Polonais commandés par les généraux Zajonchek, Dombrowski et Kniaziewicz, culbutent l’amiral Tchitchagov qui se replie sur Bolchoi Stakhov et lui font 1 500 prisonniers, permettant à la Grande Armée de passer le fleuve.

Plus tard, alors que le gros de l’armée a déjà franchi la Bérézina, de nombreux retardataires sont encore sur l’autre rive. Eblé envoie plusieurs fois dire autour des bivouacs que les ponts vont être détruits dès l’aube du 29 pour protéger la retraite. Des voitures sont incendiées pour convaincre les retardataires de l’urgence à traverser, mais la plupart des traînards, épuisés, préférant attendre le jour, restent sourds à ces injonctions. Après avoir autant que possible reporté l’échéance, les deux ponts sont incendiés sur l’ordre de Napoléon entre 8 h 30 et 9 h 00. La rive gauche de la Bérézina offre alors le spectacle tragique d’hommes, de femmes et d’enfants se précipitant à travers les flammes des ponts ou tentant de traverser la rivière à la nage. Les cosaques russes, trouvant le passage libéré après le départ de Victor, arrivent à 9 h 30. Ils s’emparent du butin abandonné par la Grande Armée et font de nombreux prisonniers.

Même si la Grande Armée évite l’anéantissement, après le passage de la Bérézina, sa situation est tragique. Les formations combattantes, l’État-major et l’artillerie de la Grande Armée ont franchi la Bérézina, mais ce succès militaire, en infériorité numérique, a le goût amer des nombreuses pertes subies, qui seront évaluées à environ 45 000 morts ou prisonniers. Il n’y a alors guère plus de quelques milliers de soldats en état de combattre (surtout des grenadiers de la Vieille Garde). Une grande partie des pontonniers ont péri de froid dans l’eau glaciale de la Bérézina. Six seulement survivront à la retraite et Eblé lui-même mourra d’épuisement à Königsberg.

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Franz Schubert (31 janvier 1797- 19 novembre 1828)

 

 

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Charabia républicain

C’est le dernier exercice à la mode, pas un homme politique qui n’ait en effet publié une tribune dans un grand quotidien pour définir ce qu’était l’identité nationale. De droite ou de gauche, les politiques s’opposent mais les idées sont pourtant les mêmes. Dans le Figaro de vendredi dernier Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre et président d’honneur du Parti radical de gauche, nous donne ainsi le parfait exemple des galimatias produits ces dernières semaines. Dans une tribune intitulée Ces étrangers qui font la France, celui-ci s’inquiète de l’actuel débat « pouvant laisser penser que les étrangers, voire les Français issus de l’immigration, risqueraient de menacer l’identité française ». Il convient selon lui de « rappeler quelques dates, quelques faits, sur ceux qui sont venus d’ailleurs et ont contribué à écrire l’histoire de la France et à illustrer sa culture ».

Comme la majorité de nos politiques il ne connait malheureusement pas l’histoire de notre pays, ou plutôt il la confond avec celle de la république. L’identité nationale n’est donc pas née à Bouvines mais avec la révolution de 1789. Mais cette époque n’étant pas non plus totalement représentative de la France que l’on tente de nous vendre, terre d’immigration et d’ouverture, il démarre sa démonstration en 1870, par la naissance de la IIIème république. Léon Gambetta, fils d’immigré italien, en est alors le fondateur. Lui aussi fils d’Italien, Emile Zola sauve un peu plus tard l’honneur du pays en dénonçant le procès fait à Alfred Dreyfus. Notons au passage que les parents de ces deux brillants hommes leur ont donné un prénom tout à fait français, ce qui n’est bien souvent pas le cas des populations immigrées actuelles. Il poursuit sa liste avec d’autres intellectuels ou artistes ayant immigré en France : Apollinaire, Kessel, Gary, Beckett, Ionesco, Modigliani, Soutine, Chagall et Picasso. Il nous interpelle alors « Peut-on imaginer la France, son histoire et sa culture sans ces hommes venus s’y établir parce qu’elle était le pays des droits de l’homme (ce terme pouvait évidemment ne pas y être), parce qu’elle était, alors, porteuse des grandes valeurs républicaines, dont la fraternité, fondement principal de notre identité nationale ? ».

La ficelle est grosse et la méthode toujours la même, pourtant peu de monde s’en offusque. Elle dénote l’objectif final de ce débat : Construire une histoire de France à la sauce républicaine, légitimant les politiques immigrationnistes actuelles et le métissage, but ultime de notre société. Il convient donc d’effacer plus de 1000 ans de monarchisme et de catholicisme au profit d’une république vieille de 150 ans, déjà à bout de souffle pourtant, et dont les principes s’annihilent entre-eux. Il n’est donc question que d’un pays où les Français de souche n’existent pas, un pays d’immigration et d’invasion. Il convient alors de rappeler qu’entre les invasions du Vème siècle et la seconde moitié du XXème siècle, la population est restée la même. M. Schwartzenberg nous parle simplement d’artistes, et plutôt récents, mais il oublie de parler de ceux qui ont construit notre pays, façonné son territoire. Que fait-il de Clovis, Saint-Louis, Philippe Auguste, Du Guesclin, Bayard et François Ier ? Et le bon roi Henri, Turenne, Condé, Louis le Grand ou bien Vauban ? Que fait-il de Thibaut de Champagne Guillaume de Machaut, François Villon, Ronsard, du Bellay, la Fontaine, Fragonard, David, Degas, Monet ou bien Cézanne ? Peut-on également nier l’influence de l’Eglise romaine sur la France, ses monuments et sa politique durant des siècles ? De même, peut-on comparer l’immigration d’il y a un siècle ou d’il y a 50 ans, au volume restreint et venant d’autres pays européens, aux populations actuelles venant du Tiers monde par centaines de milliers ? L’auteur de cette tribune ne remarque-t-il pas que les personnes dont il prend l’exemple partagent tous la même culture occidentale ?

« Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau » rappelle le général de Gaulle. Exacerbées par des politiques en quête de clientèle, les différences sont aujourd’hui célébrées comme un enrichissement. Mais peut-on voir comme un enrichissement culturel des femmes voilées de la tête aux pieds déambulant dans nos rues ? Peut-on décemment comparer des écrivains de la Mitteleuropa à des joueurs de djembe ou des chanteurs de rap crachant leur haine de la France ou leur amour du Maghreb ? A la différence des immigrés précédents, ces populations, dont les valeurs et la religion ne peuvent s’accorder aux nôtres, ne viennent pas en France avec la volonté de s’intégrer ni de travailler mais de bénéficier des largesses de l’Etat-mama, bientôt ruiné. Mais attention, il ne faut surtout pas les « stigmatiser », ce la renverrait en effet aux « heures les plus sombres de notre histoire ». La France est ainsi le seul pays au monde où des touristes venus découvrir les charmes de notre capitale tombent sur plusieurs milliers d’Algériens fêtant la victoire d’un match de foot dans le délire le plus complet. « Pour être fidèle à la tradition française, à la fois ouverte et intégratrice, il faudrait donc parler moins d’identité nationale et d’avantage de citoyenneté républicaine. Avec ses piliers qui ont pour noms humanisme, laïcité, école publique, égalité des chances, égalités des sexes ». Orwell n’aurait pas trouvé mieux…

Pour finir, « la gauche n’est en rien indifférente à la nation, à ce concept forgé par la révolution de 1789, mouvement universaliste, exempt de toute hostilité envers les autres peuples ». Mais envers le peuple français ? Les victimes de la terreur apprécieront… Mais le peuple a-t-il seulement déjà donné son avis ? 1789 fut un mouvement bourgeois, par les bourgeois et pour les bourgeois ayant pour seul objectif de renverser la royauté à son profit. Nos élites, formées dans le même moule républicain et suivant leurs propres intérêts, au contraire d’un roi dont le rôle était de soutenir le peuple et freiner la cupidité de la bourgeoisie, ne représentent en rien les Français. Le peuple n’a ainsi jamais profité de cette révolution. Il est pressé par un Etat jacobin s’immisçant dans les moindres recoins de sa vie privée, établissant une véritable police de la pensée. A l’heure de la mondialisation et de la grande victoire du capitalisme, où les nationalismes sont perçus comme des menaces, ce constat est plus vrai que jamais. Le débat actuel sur l’identité nationale n’est qu’un écran de fumée, une manœuvre politique destinée à capter l’attention de l’électorat conservateur déçu par deux années de sarkozysme, les Français l’ont bien compris. Mais il est surtout, comme je le disais plus haut, une tentative de modifier l’histoire de notre pays afin de légitimer les politiques immigrationnistes et métissolatres ainsi que le projet de société que l’on tente de nous imposer. Mais les Français de souche, encore largement majoritaire, semble s’exaspérer de la situation actuelle. Insécurité grandissante, chômage, scandales financiers, la corde se tend mais ne rompt pas encore. Prions…

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Décès de Jean Gabin (1976)

 

 

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