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Archive for octobre 2009

L’exécution de Marie-Antoinette (1793)

Marie Antoinette

C’est au milieu d’une foule vociférante que la reine Marie-Antoinette, condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire après avoir dû répondre à des accusations souvent insensées, est conduite en charrette de la Conciergerie jusqu’à la place de la Révolution. Elle subit avec dignité les sarcasmes et les insultes lancés par la foule massée sur son passage et c’est avec courage qu’elle monte à l’échafaud. En marchant sur le pied du bourreau Sanson, elle lui demande pardon. Ce seront ses dernières paroles…

Jusqu’au bout, elle aura fait preuve d’un courage exemplaire: « Reine légère dans la prospérité, sublime dans l’infortune » dira d’elle Lamartine. Morte à 38 ans, la petite archiduchesse, fille de l’empereur François Ier et de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, n’avait que 14 ans lorsqu’elle découvrit la cour de France, au moment de son union avec le dauphin. « Quand elle est debout ou assise, c’est la statue de la beauté; quand elle se meut, c’est la grâce en personne », écrivait Walpole. Mais le dauphin mit sept ans avant de devenir pour elle un véritable époux. Entre temps, la jeune femme s’étourdit dans les bals, joua à la bergère et dépensa sans compter. Devenue reine en 1774, mère d’un premier Dauphin en 1781, Marie-Antoinette prit bientôt conscience de la fragilité de la monarchie et de la faiblesse du roi. Dès lors, elle décida de tout faire pour préserver le trône pour son fils. Mais élevée à la cour rigide des Habsbourg, elle ne sut pas comprendre les aspirations profondes des masses populaires et de la bourgeoisie, et bien que convaincue de l’utilité de certaines réformes, poussa le roi vers la fermeté. En 1791, elle poussa Louis XVI à la guerre, dans l’espoir qu’une intervention étrangère restaurerait son époux dans ses prérogatives de monarque absolu. Ce faisant, elle poussait vers l’abîme cette monarchie qu’elle avait voulu préserver.

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La bataille de Lépante (1571)

Vainqueurs de Lépante

Trois grandes puissances se partagent la domination du bassin méditerranéen au XVIème siècle. D’un côté, l’Espagne et ses possessions insulaires et italiennes, Baléares, Sardaigne, Sicile, royaume de Naples et duché de Milan. De l’autre, l’Empire ottoman, qui s’étend dangereusement et menace la Chrétienté. En 1571, il s’enroule autour de la Méditerranée depuis les frontières de l’Autriche jusqu’au golfe Persique et des rivages de la mer Noire aux confins algéro-marocains. Entre ces deux «géants» se trouve la république de Venise, à la tête d’un empire commercial et d’une puissante force maritime. Ses activités économiques, autrefois florissantes en Orient, et plus particulièrement à Byzance, périclitent désormais et sont menacées par la politique expansionniste ottomane. Lorsqu’en 1570 les Ottomans s’emparent de Chypre, alors possession de la Sérénissime, au terme d’une conquête brutale, la réaction dans les cours européennes est vive. Tandis que plus de 20 000 habitants de Nicosie sont mis à mort par le commandant ottoman Ali Pacha, le provéditeur de l’île, Marco Bragadin, est écorché vif et son corps exposé en haut d’une vergue de galère pour se venger de sa résistance héroïque et des pertes qu’il a infligé.

En réponse, le pape Pie V redonne vie à l’idéal de croisade et sert d’intermédiaire entre Venise et l’Espagne pour la constitution d’une Sainte Ligue. Début 1571, l’accord est trouvé: le Saint-Siège, Venise et l’Espagne assemblent leurs forces pour lutter contre la puissance navale de l’Empire ottoman. À Messine, au cours de l’été 1571, les navires arrivent les uns après les autres. Au total: 200 bâtiments et 30 000 soldats. Placée sous le commandement de don Juan d’Autriche, le demi-frère de Philippe II, bâtard de Charles Quint, la flotte quitte Messine le 16 septembre pour Corfou. Là, des éclaireurs localisent la flotte turque. Elle se trouve dans le golfe de Lépante, à l’entrée du golfe de Corinthe. 230 navires turcs la composent. Informés eux aussi de la présence d’une flotte chrétienne, les Turcs décident de passer à l’attaque. La même décision est prise du côté chrétien. Le 7 octobre, au soleil levant, les deux flottes se rencontrent. Premier succès pour don Juan d’Autriche: Il réussit à enfermer les Turcs dans le golfe. Aucune sortie ne leur est plus possible. Le combat est naval, mais il devient souvent un féroce combat lors des abordages successifs. L’infanterie espagnole révèle sa force et sa hardiesse. Les galéasses vénitiennes, puissamment armées, divisent l’ordonnance des navires turcs, tandis que les fines galères, commandées par Jean André Doria, contribuent par leur vitesse et la précision de leurs attaques à désorganiser la défense turque. Les canons tonnent, les boulets ouvrent des brèches dans les navires, le feu s’étend. Les Vénitiens, ivres de vengeance après les massacres de Chypre, parviennent à atteindre le vaisseau d’Ali Pacha. Sa tête est tranchée incontinent et montrée aux combattants au bout d’une pique: La panique s’empare alors des Turcs. Au centre du golfe, les énormes vaisseaux espagnols fondent si lourdement sur les Ottomans que la contre-offensive est impossible. Seul l’habile roi d’Alger, Eudj Ali, parvient, avec trente galères, à s’échapper. La Méditerranée vient d’être témoin d’une journée complète de combats, un déluge de fureur et de feu. Au soir, les chrétiens ont gagné, la mer est rouge du sang des victimes.

Le bilan est lourd pour les Ottomans qui perdent 260 navires sur les 300 de leur flotte. On dénombre 7 500 morts chez les Chrétiens, 30 000 morts et 8 000 prisonniers chez les Turcs, 15 000 forçats chrétiens sont libérés de leurs fers. 117 navires, 450 canons et 39 étendards sont pris aux Turcs. Lépante devient, au dire de Cervantès, qui prend part au combat et y perd la main gauche, «la plus mémorable rencontre qu’aient vue les siècles passés et qu’espèrent voir les siècles à venir». La victoire est célébrée dans toute la chrétienté par une série de fêtes. La nouvelle se répand vite et accroît le prestige du roi d’Espagne, Philippe II. La légende de don Juan d’Autriche est née. Dans l’euphorie de la joie, certains imaginent d’autres victoires à venir. Cependant, les dissensions entre alliés empêchent de poursuivre l’avantage, et les projets de reconquête des Dardanelles, voire de Byzance doivent être abandonnés. Les Ottomans reconstruisent rapidement leur flotte et reprennent le contrôle de la Méditerranée orientale. Venise, ruinée par la guerre et l’interruption de son commerce avec l’Orient, négocie avec les Turcs et leur reconnaît par traité le 7 mars 1573 la possession de Chypre, pourtant objet original du conflit. L’expansionnisme ottoman est toutefois irréversiblement marqué par la défaite de Lépante. S’ils remplacent rapidement les navires, les Turcs ne se remettront jamais de la perte de 30 000 hommes, souvent hautement qualifiés (marins, rameurs et archers). L’image de l’empire invincible est fissurée. La paix devient possible en Méditerranée et la trêve s’installe de fait. Victoire navale et militaire, Lépante reste gravée dans la mémoire des Européens des XVIème et XVIIème siècles, parce qu’elle a été surtout une victoire morale et politique. Jamais fait militaire n’avait autant rendu confiance à la chrétienté que domine alors l’Espagne. Dans l’Église catholique romaine, la victoire est attribuée à la Sainte Vierge car le pape saint Pie V demanda un rosaire universel pour obtenir la victoire. L’anniversaire de la bataille est inscrit sous le nom de Notre-Dame du Rosaire dans le calendrier liturgique romain et cette grâce est toujours commémorée.

Bataille de Lépante

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La Tour Eiffel adopte ce mardi les couleurs du drapeau turc pour marquer le début de la Saison de la Turquie en France. Du 6 au 11 octobre, le monument-phare de la capitale française sera illuminé en rouge et blanc pour marquer cette saison culturelle, qui se terminera en mars 2010.

Outrage

«Notre démocratie est uniquement le train dans lequel nous montons jusqu’à ce que nous ayons atteint notre objectif. Les mosquées sont nos casernes, les minarets sont nos baïonnettes. Les coupoles nos casques et les croyants nos soldats.» Recep Erdogan, 1er ministre turc

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Francesco Manfredini (22 juin 1684-6 octobre 1762)

 

 

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Décès de Philippe III « le Hardi » (1285)

Philippe III

Fils cadet du roi Louis IX et de Marguerite de Provence, le prince Philippe n’est pas destiné à sa naissance à régner sur le royaume. C’est à la mort de son frère aîné Louis en 1260 qu’il devient le prince héritier. Il a alors quinze ans et présente beaucoup moins d’aptitudes que son ainé, étant de caractère doux, timide et versatile, presque écrasé par les fortes personnalités de ses parents. Sa mère Marguerite lui fait promettre de rester sous sa tutelle jusqu’à l’âge de trente ans, mais son père fait casser le serment par le pape, préférant bonifier son fils par une éducation dure et autoritaire. À cet effet, il lui adjoint à partir de 1268 pour mentor Pierre de La Broce. Saint Louis se charge en outre de lui prodiguer ses propres conseils, rédigeant en particulier ses enseignements, qui inculquent avant tout la notion de justice comme premier devoir de roi. Il reçoit également une éducation largement tournée vers la foi.

Marié en 1262 à Isabelle d’Aragon, Philippe est père de deux garçons: Louis, qui meurt en 1276, et le futur Philippe IV le Bel. Dans sa jeunesse, il accompagne son père à la huitième croisade, à Tunis, en 1270. Après la prise de Carthage, l’armée est frappée par une épidémie de dysenterie, qui n’épargne pas Philippe et sa famille. Son frère, Jean Tristan, meurt le premier, puis, le 25 août, le roi Louis meurt à son tour. Philippe est donc proclamé roi, sous le nom de Philippe III, à Tunis. Sans grande personnalité ni volonté, très pieux mais bon cavalier, il doit davantage son surnom de Hardi à sa vaillance au combat qu’à sa force de caractère. Il se révèle incapable de commander aux troupes, affecté qu’il est de la mort de son père. Il se hâte donc de conclure, en laissant son oncle Charles Ier d’Anjou négocier avec les Maures, une trêve de dix ans qui lui permet de revenir en France.

Il arrive à Paris le 21 mai 1271 et est sacré roi de France à Reims le 15 août. La préoccupation de l’Europe n’étant plus aux croisades. Sont règne est surtout marqué par des conflits territoriaux, des contestations d’héritages et des guerres de vassalité, phénomène qui s’accentuera pendant le règne de son fils. Conservant la plupart des conseillers de son père, ainsi que Eustache de Beaumarchès, sénéchal de Poitou, de Toulouse et d’Auvergne, Philippe III a pour grand chambellan Pierre de La Broce, qu’il fait pendre en 1278. Par des héritages, annexions, achats, unions, et guerres, Philippe III s’attache sans cesse à agrandir le domaine royal et y affermir son autorité. En 1272, il opère sa première transaction territoriale en incorporant au domaine royal l’héritage de son oncle Alphonse de Poitiers: Le comté de Toulouse, le Poitou et une partie de l’Auvergne. Par le traité d’Amiens de 1279, il est cependant contraint de céder l’Agenais, la Saintonge et le Ponthieu au roi d’Angleterre Edouard Ier. Il a également l’occasion de faire ses premiers faits d’armes personnels en 1272, quand il convoque l’ost royal contre les comtes de Foix et d’Armagnac qui lui contestent son pouvoir. Armagnac se rend, et Foix, battu, est emprisonné. Il lui restitue cependant ses terres en 1277.

Du point de vue des institutions, Philippe III introduit également plusieurs nouveautés. Il fixe la majorité des rois de France à quatorze ans. Il affermit la justice royale au détriment des justices seigneuriales, instituant un tribunal royal dans chaque bailliage ou sénéchaussée. Il frappe d’amendes les nobles ne répondant pas à la convocation à l’ost royal. Il crée un impôt sur les transmissions de fiefs. En Italie, il soutient le pape Martin IV contre les gibelins, faisant une expédition punitive en Romagne. Il soutient également la politique sicilienne de son oncle Charles d’Anjou, après les massacres des Vêpres Siciliennes en 1282. Pierre III d’Aragon, considéré comme l’instigateur du massacre, est excommunié par le pape qui lui enlève son royaume et le donne à Charles de Valois, lequel ne peut le conserver.

En 1285, après l’affaire de Sicile, Philippe III, sans son oncle Charles d’Anjou mort en début d’année, engage la croisade d’Aragon et attaque sans succès la Catalogne (siège de Gérone du 26 juin au 7 septembre 1285). Son armée touchée par une épidémie de dysenterie, il est défait en septembre à Las Formiguas, et est obligé de faire retraite. Celle-ci est désastreuse, et lui-même meurt à Perpignan le 5 octobre.

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L’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (1795)

Bonaparte

En ce début d’automne 1795, les conventionnels s’inquiètent: Conscients de leur impopularité grandissante, ils redoutent en effet un coup de force royaliste qui aurait le soutien du peuple. Sur le point de se séparer pour laisser la place au Directoire, l’Assemblée vient de décréter que les deux tiers des futurs membres du corps législatif seraient obligatoirement choisis parmi les députés sortants. Ceux des royalistes qui, comme Vincent-Marie Viénot de Vaublanc ou Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy, espéraient rétablir la monarchie par les voies légales, après l’échec du débarquement des émigrés à Quiberon, voient leurs espoirs s’envoler. Tenant plusieurs sections parisiennes, en particulier la section Lepeletier, ils appellent à l’insurrection afin de forcer la Convention thermidorienne à révoquer les décrets avant les élections, prévues le 20 vendémiaire. La tension est à son comble dans la capitale, l’insurrection est sur le point d’éclater.

Le Palais-Egalité, les boulevards et les quais fourmillent de promeneurs armés, qui se reconnaissent à leurs collets verts et noirs. La jeunesse aisée, chantant le Réveil du peuple, bouscule les porteurs de cocardes tricolores et les soldats. Dans les quartiers du centre l’émeute est latente, elle n’attend qu’un signal pour se déclarer. Les Thermidoriens voient le péril et appellent des troupes autour de Paris, car la loi leur interdit d’en faire venir à l’intérieur de la ville. La colère monte dans les jours qui suivent. Il plane sur la journée du 12 vendémiaire une atmosphère de bataille. Malgré la pluie qui tombe à torrents, les troubles s’aggravent, le tocsin retentit et dans la plupart des rues les tambours battent le rappel. Affolée, la Convention, avec à sa tête Barras, se décide à violer la loi en faisant venir des soldats dans la ville. Sans être grand stratège Barras a compris, et du premier moment, que la victoire ici sera l’affaire de l’artillerie et que seul le canon dispersera les émeutiers. Or voici sous sa main un jeune artilleur ayant récemment brillé à Toulon. Il lui propose d’écraser dans l’œuf la rébellion. Chance incroyable, unique pour Bonaparte, il accepte. Il a peu d’estime pour les Thermidoriens, mais il déteste les royalistes.

Il prend aussitôt les dispositions qu’exige l’événement. Les sections royalistes ont nommé un comité militaire, fermé les barrières, enlevé la Trésorerie et les magasins de subsistances, établi un tribunal révolutionnaire et déclaré la Convention hors la loi. L’Assemblée, contre une vingtaine de mille hommes assez bien équipés, n’a guère à opposer que cinq mille hommes, y compris les « patriotes de 1789 », d’anciens sans-culottes sortis de prison. Quarante pièces ont été laissées par Menou au camp des Sablons. Les sectionnaires vont les enlever si on ne les devance. Bonaparte y envoie le chef d’escadron Murat qui, avec trois cents chasseurs, galope à bride abattue. Il refoule une colonne d’insurgés, enlève les canons et les ramène à la Convention à six heures du matin. Bonaparte les dispose de façon à commander les débouchés des Tuileries vers la Seine. Quand les rebelles marchent sur la Convention, il est trop tard. Ils descendent la rue Saint-Honoré et s’amassent autour de l’église Saint-Roch.

Soudain, gronde la voix lourde du canon. Devant l’église, Bonaparte mitraille les royalistes entassés sur les marches. Ceux qui ne sont pas touchés s’enfuient. Au même moment, d’autres royalistes, descendus par les quais de la rive gauche, sont arrêtes par l’artillerie de Carteaux, postée au bas du Louvre, et par les batteries du Pont-Royal. Ils résistent bravement, sous les ordres de Lafond, ancien colonel de la garde de Louis XVI et de l’émigré Colbert de Maulévrier, mais finissent par se disperser. On relève deux cents tués ou blessés du côté des sectionnaires, un peu moins du côté des conventionnels. La convention est sauvée ! Elle se montrera plutôt clémente dans sa répression car elle redoute presque plus ses défenseurs sans-culottes que ses adversaires royalistes. Paris manifeste peu d’émotion et, le soir, les salles de théâtre sont pleines. Quant à Barras, il va, le 17 vendémiaire, présenter à l’Assemblée les officiers qui l’ont aidé à triompher: « Bonaparte, annonce-t-il, a foudroyé l’hydre royaliste« . Il ne soupçonne guère la façon dont il se fera jouer, quelques années plus tard, par le petit Corse, dont il est en train de faire la fortune.

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La bataille de Gaugamèles (331 av J.C.)

Alexandre de Macédoine

L’armée macédonienne débarque en Asie Mineure en mai 334 et défait les satrapes de Darius III sur les rives du Granique. En novembre 333, l’armée perse, commandée par le Roi des Rois en personne, est vaincue à bataille d’Issos dans la Cilicie antique. Alexandre entame alors la conquête de la Phénicie et de l’Égypte. Au printemps 331, l’armée macédonienne marche ensuite vers l’Euphrate qui est traversé, sans réelle opposition, fin juillet. Darius décide alors de former une armée afin de remporter une bataille décisive. Aussi Alexandre, au lieu de marcher sur Babylone selon son plan initial, remonte vers le nord et franchit le Tigre en septembre 331. Après plusieurs jours de marche, Alexandre apprend que l’armée perse, bien supérieure en nombre, l’attend dans la plaine de Gaugamèles à une centaine de kilomètres d’Arbèles. Ses plus anciens officiers, en particulier Parménion, inquiet par la difficulté qu’il y aurait à repousser en plein jour une armée si nombreuse, conseillent Alexandre d’attaquer les ennemis pendant la nuit mais Alexandre leur répond qu’il ne souhaite pas dérober la victoire.

Dans le camp adverse, Darius, ayant pris note de sa défaite à la bataille d’Issos, a choisi un terrain plus favorable: Une grande plaine régulière, dont il a fait nettoyer les cailloux afin que la cavalerie et les chars à faux puissent manœuvrer plus facilement. Il a fait également planter des piques de fer dans le sol afin de blesser les chevaux adverses. Avec près de 277 000 fantassins, 23 000 cavaliers, 200 chars et 15 éléphants de guerre, Darius compte profiter d’une large supériorité numérique, six fois plus grande que les forces opposées, malgré l’hétérogénéité de son armée; car contrairement à Issos ou il n’avait aligné que des perses (mis à part les mercenaires grecs), à Gaugamèles il oppose à Alexandre des soldats venus de tout l’Empire. Alexandre aligne 40 000 soldats à pied, dont 31 000 phalangistes, et 7 000 cavaliers, moins nombreux que les Perses mais parfaitement entraînés et équipés.

Ne pouvant contourner l’immense formation perse avec son armée largement inférieure en nombre, Alexandre doit déployer son armée différemment de ses stratégies habituelles. Il décide alors d’utiliser un placement en échelon, qui doit lui permettre d’occuper le maximum de terrain et de prendre à revers les flancs adverses. Les troupes sont positionnées, décalées les unes par rapport aux autres, et les phalanges sont organisées en carré de 256 hommes avec les combattants les plus aguerris aux premières lignes. Celles-ci sont placées au centre de son dispositif, protégées sur leur flanc gauche par les hoplites et les peltastes, et sur leur flanc droit par les hypaspistes. Alexandre répartit la cavalerie sur les flancs. Il mène le flanc droit à la tête de la cavalerie lourde des Compagnons et de frondeurs d’élite cachés par ceux-ci. Quant au flanc gauche, formé des cavaliers thessaliens et thraces, il est lui commandé par Parménion. Alexandre participe donc directement aux combats sur son cheval Bucéphale comme pour toutes ses batailles, alors que Darius, lui, commande son armée depuis l’arrière.

L’empereur perse est le premier à faire avancer ses troupes. Il envoie sa cavalerie sur le flanc macédonien le plus replié, là où elle peut manœuvrer au mieux. Cette tactique a été prévue par Alexandre qui en profite pour partir sur sa droite tout en restant à distance. Le front s’étend alors en largeur et nécessite qu’une partie des troupes perses suive le déplacement de la cavalerie d’Alexandre. Darius envoie ses chars à faux dans le but de vaincre rapidement le centre adverse. La phalange macédonienne repousse la charge en s’écartant à l’arrivée des chars, créant de petites souricières dans la formation du front. Les chevaux, par instinct, se précipitent vers ces ouvertures plutôt que d’entrer de plein fouet sur les phalangistes qui pointent leurs longues sarisses. Les conducteurs de chars sont rapidement mis hors de combat. Le roi perse, voyant ses unités montées en difficulté, lance une grande partie de son infanterie légère dans la mêlée. Pendant ce temps, Alexandre à la tête des Compagnons a tellement étendu le front perse qu’il n’est plus solidaire. Darius remarque ce mouvement mais fait poursuivre le jeune roi. Alors que les deux colonnes de cavalerie sont sur le point de se rencontrer, Alexandre change soudain de direction, découvrant les frondeurs d’élite qui attaquent et bloquent aussitôt la cavalerie perse, et fonce sur le centre dégarni de l’armée perse où se trouve Darius. En effet, compte tenu des effectifs, Alexandre avait prévu de se lancer dans un combat entre lui et Darius afin qu’une fois le roi perse mort, son armée se rende.

Néanmoins sur le flanc gauche macédonien, pendant que la percée est un succès, les combats tournent à l’avantage des Perses, sous l’action du satrape Mazaios, qui parviennent à créer une brèche jusqu’à l’arrière-garde de Parménion. Au centre, Alexandre, sa cavalerie et une partie de l’infanterie légère, qui a réussi à repousser les charges de l’armée perse, foncent sur Darius. Le roi perse prend la fuite et quitte le champ de bataille suivi par sa garde. Alexandre doit alors choisir entre la poursuite de Darius ou aider ses troupes. Faisant le choix de la raison, il abandonne la poursuite pour venir en aide à son flanc gauche malmené. Les ordres de repli parvenant mal à toute l’armée perse, les combats continuent plusieurs heures, s’achevant sur la victoire complète de l’armée macédonienne.

La bataille de Gaugamèles fut l’affrontement décisif entre l’armée d’Alexandre le Grand et celle de Darius. Par cette bataille, considérée comme l’une des plus importantes de l’Antiquité par les forces impliquées, le royaume de Macédoine a vaincu définitivement l’empire perse achéménide. A l’issu du combat, en effet, Darius parvient à s’enfuir vers Arbèles avec son bataillon d’Immortels et de cavaliers de Bactriane mais abandonne son trésor, estimé à 4 000 talents (entre 75 et 100 tonnes d’argent) et ses armes personnelles. Il meurt quelque temps après dans les montagnes de Médie, assassiné par ses satrapes en juillet 330. Suite à cette victoire, Alexandre est couronné roi d’Asie lors d’une cérémonie fastueuse célébrée à Arbèles, puis il entre en vainqueur dans Babylone en octobre 331.

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 Décès de Pierre Corneille (1684)

Pierre Corneille

Pierre Corneille voit le jour le 6 juin 1606 au sein d’une famille de magistrats. Aîné de six enfants, il suit ses études au Collège des Jésuites de Rouen. Brillant élève, il se passionne pour l’art de la rhétorique et les thèmes antiques. Il obtient son diplôme sans difficulté et peut rejoindre le barreau sur les traces de son père et de son grand-père. Toutefois, le métier ne le comble pas. Sa timidité excessive ne lui permet pas de plaider librement. Il s’en détourne donc quelque peu pour se consacrer à la poésie et à l’écriture. Il supportera toutefois sa charge jusqu’en 1651. Corneille rédige sa première œuvre dramatique, qu’il intitule Mélite, en 1629. Jouée au théâtre du Marais à Paris l’année suivante, cette comédie marque le début d’une longue et productive carrière de dramaturge. Il s’inspire des événements de sa vie et des personnages qui l’entourent pour présenter des mises en scène profondes, réalistes et sentimentales. Il apporte ainsi un nouveau souffle à la comédie et ne cesse d’en produire. Sans se détacher de son genre favori, il écrit également des tragi-comédies telles que Clitandre (1631) ou Médée (1635). En 1636, il jongle avec les genres dramatiques dans l’Illusion comique. Comme l’indique le titre de la pièce, Corneille met en scène des faux-semblants et perd le spectateur dans des rebondissements incessants et passionnants. Il marquera ainsi le théâtre par cette œuvre moderne et novatrice où il est inutile d’user du grossier pour provoquer le rire. Le succès de Corneille croît de plus en plus dans la capitale. Le cardinal de Richelieu est particulièrement charmé par le talent de l’artiste et le prend sous son aile. Il lui offre alors une pension pour rejoindre le groupe de Boisrobert, L’Estoile, Rotrou et Colletet. Réunis sous cette protection, les dramaturges ont pour mission de réaliser des pièces tragiques et comiques, inspirées par leur mécène.

En 1637, Corneille présente le Cid, œuvre majeure de sa carrière et dont le succès retentit dans toute la France. Cette tragi-comédie met en scène un amour tumultueux, jalonné de duels meurtriers et de conflits familiaux, où les thèmes de l’honneur et du pouvoir royal prédominent. Le succès n’allant jamais seul, Corneille doit rapidement faire face aux jalousies de ses contemporains, qui estiment que l’œuvre ne respecte pas les règles théâtrales classiques. Richelieu, avec lequel Corneille avait rompu toute relation, presse l’Académie française de prendre part au débat. Il en résulte que cette dernière admet les discordances de la pièce. Avide de liberté, Corneille ne semble pas particulièrement affecté par les événements. Il épouse en 1640 Marie de Lempérière, avec laquelle il aura six enfants. À partir de cette époque, Corneille met de côté ses traditionnelles comédies pour écrire de nombreuses tragédies. Il s’inspire des histoires de la Rome antique racontées dans sa jeunesse pour écrire Horace (1640), Cinna ou la Clémence d’Auguste (1641), Polyeucte ou encore la Mort de Pompée (1643). Indifférent face aux critiques, il ne respecte pas toujours les règles classiques. Il rencontre alors un grand succès, encore renforcé par la comédie le Menteur (1643) ou la tragédie Rodogune (1644). Il se plaît à mettre en scène des personnages d’une grandeur d’âme remarquable, confrontés à leur passion ou à des choix délicats. Toutes ses représentations lui valent d’être nommé à l’Académie française dès 1648.

Au début des années 1650, Corneille rencontre ses premiers échecs. Sa tragédie intitulée Nicomède (1651) lui vaut quelques déboires politiques car elle est accusée de soutenir Louis II de Condé. S’ajoute à cet événement un véritable échec lors de la représentation de Pertharite (1652). Quelque peu affecté par le manque d’enthousiasme suscité par sa pièce, il abandonne le théâtre pendant quelques années. Les Jésuites lui commandent une traduction en vers de l’Imitation de Jésus, à laquelle il s’attelle immédiatement. Parallèlement à cette activité, il publie des Discours et des Examens pour compléter son œuvre d’une réflexion poussée. Son retour dans le monde du théâtre est particulièrement difficile. Durant son absence, le jeune Racine s’est en effet implanté dans le milieu et est parvenu à gagner la faveur du public parisien. Les dernières œuvres de Corneille sombrent quasiment dans l’indifférence et il décide d’abandonner définitivement la dramaturgie. Pierre Corneille s’éteint à Paris le 1er octobre 1684 dans la pauvreté et l’oubli. Il se sera malgré tout inscrit dans son art par la grandeur des thèmes qu’il traite, par le réalisme des personnages qu’il met en scène et par la simplicité et la rigueur de son style poétique.

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